Hier, je Japon fascinait, ou simplement, restait fermé à ceux qui n'en voyaient qu'un pays mystérieux et peu soucieux de s'ouvrir au reste du monde.


Aujourd'hui, le Japon attire.


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De plus en plus de partenariats avec des universités japonaises et des universités, ou des écoles françaises, se mettent en place.
Dans mon école, nous avions déjà un partenariat avec Keio Daigaku, avec  International University of Japan ( Niigata), et, depuis 2009, nous avons un programme d'échange d'un an avec l'université de Nagoya. Pas Nagoya Daigaku, mais une université privée de Nagoya.


De plus en plus d'étudiants veulent aller au Japon, car le pays, avec ses nouvelles technologies, sa vie 24h/24h, ses curiosités en terme de mode, d'objets, de nourriture, ressemble à une autre planête à lui seul.


Beaucoup d'étudiants qui partent ne connaissent pas le Japon, ne connaissent pas non plus le japonais...mis à part quelques mots.


Il y a fort à parier qu'ils n'en sauront pas plus de retour en France. Mais c'est vrai qu'un échange, c'est avant tout fait pour s'amuser, passer du bon temps dans un contexte international et multi-culturel, et découvrir une culture. Ils en sauront plus du Japon que les images d'Epinal qui, si elles ont changé, restent très fortes en France.


Je suis contente que le Japon soit attractif, c'est une force que le pays devrait savoir exploiter.


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Cependant, le gouvernement japonais a décidé d'effectuer un nouveau plan de relance, cette fois-ci en souhaitant favoriser les secteurs liés à l'environnement et au tourisme.


Ce plan à 10 ans, vise, d'ici à 2020, à la création de 4 Millions d'emplois et à une croissance du PIB de l'ordre de +2% par an.


Les banquiers et analystes japonais ont émis des réserves sur ce plan, précisant que la force du Japon résidait dans sa capacité d'innovation et que le gouvernement devrait favoriser les R&D ainsi que la création de PME, c'est-à-dire l'entreprenariat.


Le pari de l'énergie est un pari possible, à mon avis. Développer de nouvelles énergies demande une force de compétences, une capacité de recherche et d'innovation dont dispose le Japon, grâce à un système éducatif sélectif mais tourné vers l'excellence. J'ai toujours été admirative des compétences des étudiants que je rencontrais.



Le pari du tourisme, lui, est à mon avis beaucoup plus risqué. En effet, si, de 50 000 en 2000, le nombre de français ayant visité le Japon est passé à 150 000 en 2009, est-ce que le pays est structurellement et culturellement prêt à accueillir tellement de "gaijin"?
Il s'agit de développer des hôtels, des restaurants, des lieux touristiques avec une force compétente en anglais/ français/etc... et capable de faire comprendre, dans une autre langue, toutes les spécificités de la culture japonais.



Les japonais n'auront-ils pas l'impression de se retrouver perdus dans leur propre pays?
Des villes attractives, comme Kyoto, seront-elles prêtes à ouvrir leur portes?
En effet, j'ai trouvé très agaçant le flux de touristes à Gion, en avril-mai, qui courraient après Maiko et Geisha comme s'il s'agissait d'animaux à photographier à tout prix.


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Dans quelle mesure le touriste doit-il apprendre un minimum d'us & coutumes du Japon, et comprendre qu'il doit les respecter?


Lorsque mes parents sont allés au Japon, ils ont adoré le pays, au seul fait que l'on mangeait avec des baguettes, et qu'il n'y avait pas de couvert, dans les restaurants japonais.
Ma mère m'a dit qu'elle y retournera, mais qu'elle emmènera des couverts avec elle, car elle ne veut pas manger avec des baguettes, et ne veut même pas essayer d'apprendre.


Cela m'insupporte. Je suis d'autant moins tolérante qu'il s'agit de ma mère, mais, malgré tout, c'est ce que j'ai pu observer de beaucoup d'étrangers  - touristes ou non- au Japon.


Venir au Japon et découvrir le pays  - OK

S'adapter un minimum - No way


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Je ne peux pas accepter cette idée, et je ne pense pas que le Japon, ou plutôt les japonais, l'accepteront.

Le tourisme est une manne de revenus importante pour de nombreux pays dans le monde. Pour certains pays, cela peut représenter la plus grande source de revenus.

Pour le Japon, c'est un filon à exploiter, et qui se développe au fur et à mesure que sa culture pop devient populaire dans le monde: PuffyAmiYumi sont en train d'exploser aux USA, par exemple!


Mais comment peut-on l'exploiter sans que cela ne dénature le Japon.


Cela me ferait mal de lire, dans 10 ans, que le Japon a oublié sa culture, et a détruit ce qui fait son charme, parce qu'il s'agissait de satisfaire le touriste.


Il ne faut pas que le Japon détruise pour reconstruire un ersatz, comme l'a fait la Chine. Je sais qu'en Chine, il y avait une nécessité economique et sociale qui prévalait - un toit pour tous- ,mais j'ai peur de l'artificiel, et, surtout, que le Japon s'oublie parce qu'il ne saura pas dire "Non" à des excès.

Nous parlons du Japon, nous parlons d'un pays qui est marqué par une domination américaine et ne sait pas dire "Non" politiquement aux USA, nous parlons d'un pays qui, par culture et par nature, ne dit pas "Non" directement et sans ambages, nous parlons d'un pays où le principe à respecter est l'harmonie.

Nous parlons du Japon et de toutes ses ambiguïtés.

Je me dois de définir ce que j'appelle trop souvent " la culture pop". Je le ferai, promis.


En attendant, vous pouvez lire cet article d'Aujourd'hui le Japon





Par Zhealy - Publié dans : Passionnément
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C'est terrible de ne pas y être.

Alors je vais tout faire pour faire semblant d'y être, en 2010.

En 2010 sortira la version Tim Burton d'Alice au Pays des Merveilles.

Alice a 20 ans, et elle doit retourner de l'autre côté du miroir.

Je vais aussi retourner de l'autre côté du miroir, donc.

Beaucoup de gens sont au Japon, en ce moment. Des gens que je connais, qui ne parlent pas un mot de japonais et ne connaissent du Japon que sa culture J-Pop.

C'est sympa, la J-Pop japonaise.

C'est kitch, c'est original, cela influe beaucoup la mode des jeunes  pré-adolescents en France en ce moment.

Pourtant, ce n'est que le quartier de Harajuku, et je me souviens qu'en 2005, mes élèves me disaient que Harajuku était Has Been.

La France a donc 10 ans de retard sur le Japon...en terme de mode Pop.

Pour changer...

 

 

 

Par Zhealy - Publié dans : Occasions pour Réflexions
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Je n’écris pas souvent des mots personnels sur mes blogs.
Ce n'est pas fait pour cela. J'ai un journal intime, en papier, qui me sert bien de catharsis.


Cependant,  2009 se termine dans quelques heures en France, et  nous sommes le 1er Janvier depuis 3h au Japon. Ce constat m'a donné envie de faire le point sur cette année.


  2009 se compose de 4 périodes:

- janvier- mars: entre boulot et études, j'ai dormi en moyenne 3 heures par nuit, et passé mon temps à être devant un ordinateur, tantôt pour mon apprentissage en contrôle de gestion, tantôt pour le "Document Intermédiaire". C'est un "pré-mémoire", et "Document Intermédiaire" est le nom donné au document de recherche que tout étudiant d'école de commerce doit faire pour valider son diplôme. A mon sens, le mot "mémoire" a été usurpé, car, s'il faut effectuer un travail de recherche, ce n'est en rien un travail qui pourra servir pour d'autres recherches.
 
Soyons sérieux, je travaille sur l'implantation des entreprises en Chine, et mon maître de mémoire est doctorant en économie, spécialisé dans la valeur de la vie, l'économie et la médecie, les risques sur la santé et l'impact sur l'économie. A quoi mon travail, qui porte sur l'importance du politique et du relationnel en Chine pourra-t-il lui servir un jour? 


- mars- juin: cours, cours, cours. J'ai pris des cours dits " International MBA". Ils sont accessibles aux élèves de Sup de Co', RMS. Des cours de M&A, de finance, de leadership, et  de contrôle de gestion. Je rencontre des gens qui ont entre 28 et 42 ans, qui ont déjà une belle expérience professionnelle derrière eux; qui en tant qu'ingénieur, qui en tant que commercial, qui en tant que comptable. Je m'entends vraiment bien avec eux, à tel point que je me demande ce que je fais en Sup de Co'. Les cours sont intensifs, mais j'apprends tellement de choses, humainement, socialement et pédagogiquement.
Le temps à Reims est beau, et mon moral, aussi.


- juillet- mi-septembre: retour en entreprise. Je termine ma période d'apprentissage, et c'est un festival. J'adore travailler pour cette entreprise, et je suis à quasi 100% sur le réseau Franchise France et International. Les partenaires japonais viennent le 23 Juillet, je sers d'interprête. Je suis "moyen" dans ma prestation, mais j'aide tout de même à la communication. Début septembre, lors de la réunion de lancement du budget, on me demande de faire une courte présentation sur notre entreprise au Japon. Je suis gâtée, j'ai de la chance de travailler pour cette entreprise, j'en suis consciente. On m'offre un merveilleux pot de départ.

 

- septembre - décembre: retour en cours. Dernière ligne droite. Cours, mémoire, implication dans la vie rémoise et Japanese Language Profiency Test, le 6 Décembre, jour de la Saint Nicolas.

Je suis présidente d'une association de mon école, et j'entends la mener quelque part. Je la remets à jour d'un point de vue juridique ( CNIL, Statuts, etc), on fixe des projets  On tient notre rôle d'association de média autour des événements de la vie étudiante de RMS, on publie, et on a la chance d'avoir d'excellents photographes et des gens dynamiques et impliqués parmi les membres de l'association.  J'ai renouvelé les contrats de partenariats, car les relations avec nos sponsors sont bonnes, et l'administration nous soutient pour un projet d'objets promotionnels de l'école.

Je suis contente, car pour moi, gérer une association, c'est un premier pas vers l'entreprenariat. Les cours sont tous des cours du programme "International Master Programm". Tout en anglais, comme: marketing stratégique, business game, gestion des situations de crise face aux médias et en communication interne, perfomance management  ( beaucoup de contrôle de gestion), international performance management ( savoir réaliser un rapport annuel d'une entreprise), business ethics & corporate responsibility, International cooperation and project development...


Je suis à 200% dans ma vie d'étudiante à Reims, en cours ( 30h/sem) et sur les événements ( conférences passerelles, soirées, cours d'oenologie, etc), je suis fatiguée et prends du guronsan, mais je vais globalement bien.
Mon seul souci: le Japon.


J'ai fait un choix, qui m'empêche de dormir car il veut dire que je n'irai pas au Japon en 2010.

Or, j'ai fait une grande erreur, en 2006, celle de croire qu'on pouvait aimer et être heureux.
J'ai découvert, douloureusement, fin 2006, que l'amour, c'était un mirage, certainement inventé par les poètes pour séduire quelque courtisane. On grandit vite lorsque la vie vous gifle.


Et je me suis retrouvée bloquée en France. Depuis, ce qui m'importe, c'est de retourner au Japon.
Je me suis jurée que je retournerai au Japon, avec un bagage me permettant de réaliser quelque chose pour le Japon.
Parce que le Japon, ce n'est pas une passion, c'est ce qui me définit le mieux.
Parce que le Japon, c'est le pays où je me sens chez moi.
Parce que lorsque j'écris en japonais, que je parle japonais, que je parle du Japon, je suis heureuse.
Parce que Zhealy, ce blog, les meilleurs souvenirs que j'ai, tout cela est intimement lié au Japon.
Parce qu'en France, je n'arrive plus à donner de sens à ce que je fais, si ce n'est pas lié au Japon, à l'international, au moins. On s'accroche comme on peut.
Parce que si je ne pars pas au Japon en 2010, y retournerais-je un jour?

Je ne veux pas répondre à cette question. J'ai peur de la réponse. J'ai peur de faire le mauvais choix, une fois encore.


Beaucoup de gens, pas encore âgés, parfois tellement jeunes, que je connaissais plus ou moins bien, sont morts ces derniers temps. Certains de maladie, certains lors d'un accident de voiture.

Mais ceux qui ont le même âge que moi, et qui sont morts, eux, se sont suicidés.
C'est très douloureux, de savoir que des personnes proches, que l'on adorait, se sont suicidées. Mais je les comprends. Lorsque l'on n'arrive plus à trouver de sens à sa vie, et lorsque l'on n'arrive plus à trouver de choses qui rendent heureux, alors à quoi sert de vivre?


Je n'ai pas l'intention de me suicider aujourd'hui, ni demain d'ailleurs. 

En fait, le suicide de cet ami et de cette autre personne, ont été une gifle pour moi. Eux n'ont pas réussi à profiter des petits bonheurs ni à prendre le recul nécessaire par rapport aux malheurs de la vie. Ils sont partis. Ils laissent, sur cette planète inhumaine, des gens déchirés par la douleur.

Les mots prononcés, l'annonce de leur suicide, ça a été comme un couteau me transperçant le coeur. La même douleur que le jour où j'ai rendu ma carte de séjour japonaise. D'aucuns diront que c'est n'importe quoi, que quitter un pays ne peut pas faire souffrir, qu'il faut que j'arrête mes délires. Je ne les écoute même plus, ces gens-là. Qu'en savent-ils?


Mais quitter le Japon n'a tué personne autour de moi. Quitter la vie tuera mes parents, c'est certain. On n'a pas le droit de tuer ceux qui se battent pour vivre, ou plutôt pour survivre.

C'est en cela, qu'une fois encore, la vie m'a giflée.

C'est en cela qu'une fois encore, je viens de grandir.


On a le droit d'avoir des interrogations, des doutes, de chercher des solutions,  de méditer au sens de la vie.

Autant que possible, il ne faut pas mourir. Finalement, peut-être que mon ami, qui a écrit, avant de se tuer, " je regarde autour de moi, et je constate qu'il n'y a rien qui me rende heureux", lui, avait oublié qu'il y avait des gens qui l'affectionnaient, qu'il affectionnait aussi. 

 


Mais il va falloir que je retrouve un sens à ce que je ferai, car 2010 ne peut pas être une année parenthèses, 2010 ne peut pas être une année juste "France". 

 

Ma résolution pour 2010 ?

Je l’ai écrite, moi seule la connais.

 


Faites un vœu….



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Par Zhealy - Publié dans : Zhealy
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Ce serait, je pense, Les Japonais, de Karyn POUPEE


En effet, ce livre dissèque la société japonaise dans son ensemble: politique, culture, tradition, société contemporaine et surtout évolution de cette dernière.



Je l'ai trouvé très vrai, facile à lire, sans complexes ni images d'Epinal.



Il est aussi très pratique à lire, puisque, divisé par thème et sous-thèmes, on peut l'ouvrir à n'importe quelle page et lire un sujet.



Ainsi, si l'on n'aime pas, par exemple, la politique au Japon, il est aisé de passer son chemin pour picorer des informations ailleurs.



Très bon livre sur le Japon, Les Japonais est devenu, avec Le Livre de l'intranquillité de Fernando Pessoa, mon livre de chevet.





Par Zhealy - Publié dans : Occasions pour Réflexions
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